Nommé en avril 2025 pour donner une nouvelle dynamique au MHSC alors lanterne rouge de Ligue 1, Zoumana Camara savait que le chantier serait immense. Quelques mois plus tard, Montpellier évolue en Ligue 2, occupe les places du haut de tableau sans être totalement dans la course à la montée directe, et semble avoir retrouvé une identité que l’équipe avait perdue depuis longtemps. Alors, après sa première saison complète sur le banc pailladin, quel bilan tirer du travail de l’ancien adjoint du PSG ? Débat.
Oui, Zoumana Camara a réussi sa première saison
Une identité retrouvée ?
C’était probablement sa mission la plus importante. Lorsqu’il arrive au club, le MHSC sort d’une saison catastrophique, marquée par une relégation inévitable et une perte totale de repères. Très vite, Camara a insisté sur des notions simples : solidité, discipline collective et état d’esprit. Tout au long de la saison, il a répété vouloir construire une équipe « combative » et capable de retrouver de la confiance.
Sans pratiquer le football le plus spectaculaire de Ligue 2, Montpellier est redevenu une équipe difficile à manœuvrer avec notamment la meilleure défense du championnat (31 buts encaissés, ex æquo avec Le Mans).
Il a maintenu le MHSC dans la course
Après une entame de championnat irrégulière, Montpellier a régulièrement occupé les places situées entre le top 5 et le top 10. Au point que Camara lui-même refusait d’abandonner l’idée d’accrocher les barrages jusqu’à trois journées de la fin. À l’heure où de nombreux relégués connaissent une deuxième saison compliquée après leur descente, rester dans la première partie de tableau n’a rien d’anodin.
Non, il reste encore beaucoup de questions
Le jeu n’a pas toujours convaincu
Si le MHSC est devenu plus solide, il a parfois manqué de maîtrise. Les supporters ont régulièrement regretté des entames de match timides, un manque de créativité dans le jeu placé et une dépendance à certaines individualités offensives. Plusieurs victoires ont été obtenues dans la douleur, sans réelle domination. Et malgré des progrès évidents, Montpellier n’a jamais véritablement donné l’impression d’être l’une des équipes les plus fortes du championnat.
Le top 5 n’a pas été acquis
L’objectif officiel du club restait flou au début de saison, mais personne n’ignorait que la remontée rapide figurait dans les esprits.
Or, à l’approche du sprint final, le MHSC est resté à distance des premières places. Si les supporters ont cru accrocher la 5e place après une série de huit matchs sans défaite, la déroute à domicile face à Clermont (1-2) a enterré tout espoir pour la dernière journée au Red Star. Difficile, dans ces conditions, de parler d’une réussite totale.
Certaines décisions ont alimenté les débats
La gestion de Téji Savanier a longtemps divisé les supporters. Son utilisation parfois limitée, malgré son statut et son influence technique, a suscité de nombreuses discussions. Même constat concernant certains choix tactiques ou la difficulté à trouver une animation offensive stable durant plusieurs mois. Des interrogations logiques pour un entraîneur qui découvrait son premier poste à la tête d’une équipe professionnelle.
Une saison fondatrice plus qu’une saison aboutie
Finalement, juger la première saison de Zoumana Camara dépend surtout du point de départ que l’on choisit. Si l’on compare le MHSC actuel à l’équipe à la dérive qu’il a récupérée au printemps 2025, les progrès sont évidents. Montpellier a retrouvé une structure, une cohérence et une certaine crédibilité sportive.
En revanche, si l’on considère les ambitions historiques du club et l’objectif implicite de retrouver rapidement la Ligue 1, le compte n’y est pas encore totalement. Une chose semble néanmoins acquise : un an après son arrivée, Zoumana Camara a gagné du temps et de la légitimité. La véritable question est désormais ailleurs : cette première saison n’était-elle qu’une phase de reconstruction… ou les fondations d’un futur candidat à la montée ?



