Fleury Di Nallo : l’émouvant hommage de Grégory Vignal

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Si la légende de l’Olympique Lyonnais, le « Petit Prince de Gerland », s’est éteinte mercredi à l’âge de 83 ans, Fleury Di Nallo laisse également une empreinte indélébile à Montpellier. Ancien joueur de la Paillade sous ses ordres avant de s’envoler pour Liverpool, le défenseur Grégory Vignal a tenu à saluer, auprès de l’Equipe, la mémoire d’un formateur d’exception, aussi exigeant que roublard, qui a façonné toute une génération.

Des entraînements à la nuit tombée et une confiance absolue

Formateur respecté dans l’Hérault entre 1988 et 2003, Fleury Di Nallo n’était pas seulement un immense technicien, il était aussi un personnage haut en couleur du domaine de Grammont. Grégory Vignal, aujourd’hui entraîneur de la réserve des Blackburn Rovers, se souvient avec émotion de ses débuts sous la houlette de l’ancien Lyonnais :

Je suis arrivé au centre de formation de Montpellier à l’âge de 10 ans et j’ai commencé à être entraîné par Fleury quand j’avais 15 ans, en 1996. Il formait un duo incroyable avec Mama Ouattara, plein de malice et de gouaille. Avec eux, on a beaucoup appris, beaucoup ri et obtenu d’excellents résultats. Ma génération, celle des (Toifilou) Maoulida et (Rémy) Vercoutre et (Geoffrey) Doumeng, on était notamment arrivés en finale des Championnats de France de réserve sous leurs ordres.

La méthode Di Nallo, c’était un mélange unique de rigueur à l’ancienne et de passion débordante, quitte à jouer les prolongations sur le terrain, bien après le coucher du soleil.

Avec Fleury, au domaine de Grammont, on savait quand les entraînements commençaient, mais jamais quand ils allaient se terminer. Il n’y avait pas d’éclairage, donc souvent on s’arrêtait quand il faisait nuit, puis on montait dans les arbres environnant les terrains pour y récupérer des ballons. Fleury était très exigeant, il n’hésitait pas à nous tirer les oreilles, dans tous les sens du terme, mais nos parents ne se plaignaient jamais car ils avaient une confiance absolue en lui.

L’art du pointu, de la roublardise et du mental

Au-delà de la préparation physique et technique classique, Di Nallo transmettait le “vice” du vieux briscard et le sens du but. Un apprentissage global pour devenir un joueur de haut niveau, prêt à affronter tous les scénarios d’un match de football.

C’était aussi un sacré roublard. Il nous expliquait parfois comment obtenir un carton jaune qui nous permettrait d’être suspendus pour une rencontre sans intérêt et remettre nos compteurs à zéro ensuite (il sourit). Fleury nous a également enseigné l’art du pointu, en nous expliquant qu’il avait marqué de nombreux buts de cette manière. Il nous disait aussi que le football se joue au mental, qu’il fallait qu’on soit prêts à défoncer des murs pour réussir.

« Ça fait mal au cœur de les voir partir un à un »

Pour Grégory Vignal, la disparition du « Petit Prince » résonne comme la fin d’une époque dorée, marquée par la perte successive des figures tutélaires qui ont jalonné sa formation et construit l’homme qu’il est devenu.

Fleury, c’est quelqu’un qui a énormément compté dans ma vie de joueur et d’homme. Je voulais lui rendre hommage, car je me rends compte que je suis en train de perdre tous les entraîneurs qui m’ont formé, après Mama Ouattara (décédé en 2004), Jean-Louis Gasset (en 2025), André Cristol (en 2020) et Régis Durand (en 2021). Ça fait mal au cœur de les voir partir un à un, car ils ont énormément compté pour ma génération.

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