Que devient-il ?

[MHSC-RCL] Que devient-il ? John Utaka

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Dans une rencontre assez terne et sans grand éclat, Montpellier est allé arracher un succès de dernière minute sur la pelouse de Troyes. L’effet changement d’entraîneur ne s’est toujours pas dissipé sur les bords de la Mosson ! Les hommes de Michel Der Zakarian surfent donc sur leur confiance retrouvée contre Brest et Troyes au moment d’affronter le Racing Club de Lens. Cette nouvelle rencontre est l’occasion de découvrir ce que devient John Utaka, joueur emblématique des Sang et Or et du MHSC !

À la vitesse de l’éclair !

Originaire d’Enugu, à l’est du Nigeria, le jeune John Utaka n’a jamais imaginé faire autre chose que de jouer au football. Issu d’une famille de six enfants, John dispute dès son plus jeune âge, des tournois inter-quartiers. Rapide, percutant et doué balle au pied, le jeune attaquant attire rapidement l’attention des observateurs locaux. John Utaka ne tarde pas à rejoindre l’équipe  phare de sa ville natale, Enugu Rangers. En 1997, il débute sa carrière professionnelle à seulement l’âge de 15 ans ! Très rapidement, « Easy » se fait un nom et s’engage dès la saison suivante en Égypte en faveur du club Al Moqaouloun Al-Arab puis au Ismaily SC où il remportera notamment une Coupe d’Égypte. Après un rapide exil au Qatar avec le club d’Al Sadd Doha, John Utaka quitte le continent Africain en 2002. Le début de son aventure européenne.

C’était au mois de décembre 1998, j’ai quitté la petite cité où j’étais au Nigéria pour aller faire un essai dans un club amateur en Egypte. J’ai commencé à m’entraîner avec une équipe amateur du Port-Saïd puis, on a fait un match amical face à une équipe du Caire contre qui on a perdu 2-0. L’entraîneur avait trouvé que j’avais bien joué et m’a dit qu’il aimerait bien m’avoir dans son équipe. J’ai donc passé un an avec Arabe Contractors puis j’ai rejoint Ismaily où tout a commencé puisque je suis devenu meilleur buteur du championnat lors de la seconde saison. J’ai vécu de belles choses en championnat, en Ligue des Champions africaine… Et j’ai marqué une trentaine de buts en tout.

Convoité par le Borussia Dortmund et l’Ajax, John Utaka va faire le choix surprenant de rejoindre le Racing Club de Lens. Il découvre donc le vieux continent en paraphant un contrat de cinq ans dans l’Artois en juillet 2002. Il n’a alors que 20 ans. Rapide sur le terrain, il va également l’être dans son adaptation. Dans un style de jeu tout en percussion et en vivacité, le jeune homme se fond naturellement dans le plan de jeu instauré par l’entraîneur de l’époque, Joël Muller. Bollaert adopte très vite ce garçon au charisme naturel, toujours souriant et capable de belles fulgurances balle au pied.

Sa première saison est une vraie révélation. Il est souvent utilisé en supersub sur les premières rencontres. Sa capacité à déposer les défenses grâce à ses accélérations en fait un joker offensif très efficace. Il connaît également plusieurs titularisations jusqu’à s’installer définitivement dans le onze sur les six derniers matchs de la saison. L’international nigérian va devenir un joueur indispensable, soit aux côtés de Daniel Moreira dans une attaque à deux ou soit sur les ailes pour apporter sa conduite de balle et sa rapidité. John Utaka va également découvrir la Ligue des Champions. Compétition dans laquelle « Easy » va rapidement se faire un nom auprès du grand public avec un but égalisateur contre le Bayern Munich mais surtout avec cette victoire mythique à Bollaert face à l’AC Milan (2-1). Le premier fait marquant de sa jeune carrière.

La dernière saison de John Utaka au Racing sera la plus prolifique. Sous les ordres d’un nouveau coach, Francis Gillot, il portera le Racing offensivement, inscrivant 8 buts dont un doublé face à l’AJ Auxerre et surtout, un triplé face au Stade Rennais lors de son avant-dernier match à Bollaert. Une rencontre qu’il sublimera d’un magistral retourné acrobatique. Un des plus beaux buts de cette saison. Après trois belles saisons dans le Nord, l’international Nigérian s’engage avec le Stade Rennais pour un montant avoisinant les six millions d’euros.

En Bretagne, « John U » met quelques mois à s’adapter à son nouveau club mais surtout à son rôle de complément du duo Frei-Monterrubio. Repositionné en pointe par Bölöni en l’absence de Frei, le Nigérian réalise une fin de saison stratosphérique en ajoutant treize buts à son compteur dont deux triplés consécutifs contre Lens, son ancien club et l’Olympique Lyonnais. La saison suivante, John Utaka sera une nouvelle fois l’auteur d’un très bel exercice sur le plan personnel. Sous la houlette de Dréossi, il formera avec le jeune Jimmy Briand, un duo d’étonnant. Pour sa deuxième saison chez les Rouge et Noir, le natif d’Enugu terminera meilleur buteur du club et confirmera son statut de meilleur artilleur du championnat. Ses bonnes prestations dans l’Hexagone lui ouvre les portes de la Premier League. À l’été 2007, John Utaka est recruté par le club emblématique de Porthsmouth pour plus de dix millions d’euros.

Après avoir fait le spectacle en Bretagne et régalé les supporters rennais au stade de la route de Lorient durant deux saisons, John Utaka s’envole vers l’Angleterre en juillet 2007. Sur le sol anglais, John Utaka retrouve d’autres anciens pensionnaires de Ligue 1. Pour sa première saison Outre-Manche, « Easy » sera l’un des hommes de base du manager Harry Redknapp. Moins tueur devant le but, il sera tout de même l’un des grands artisans de la très bonne saison de « Pompey » ponctuée par une victoire en Coupe d’Angleterre. La saison suivante et après de multiples changements d’entraîneurs, John Utaka voit son temps de jeu dans le sud de l’Angleterre s’amoindrir. Ayant perdu sa place de titulaire, « Easy » assistera impuissant à la faillite économique et sportive du club de Pompey qui connaîtra une relégation en Championship à l’issue de la saison 2009/2010. La saison suivante John Utaka accompagne le club en deuxième division et retrouve une place de titulaire sous les ordres Steve Cotterill. Annoncé sur les tablettes de plusieurs clubs français en janvier 2011, John choisit de rejoindre le MHSC. Le début d’une très belle aventure.

Celui qui offre le titre de Champion au MHSC !

En janvier 2011, John Utaka retrouve la Ligue 1 en signant au MHSC. Une évidence pour un joueur désireux de relancer une carrière en perte de vitesse.

Il me restait cinq mois de contrat à Portsmouth. Laurent Nicollin m’a demandé si je voulais venir. j’ai dit : Demain, je suis à la Paillade !

Après des débuts assez timides, John Utaka s’impose rapidement comme un titulaire indiscutable dans le couloir gauche de l’équipe héraultaise. Vitesse, explosivité et précision, Utaka avait toutes les qualités d’un joueur qui aurait pu penser à ses statistiques avant le collectif, mais ce dernier passait avant tout le reste pour l’homme aussi pieux qu’il est humble. Surnommé « Nice » dans le vestiaire pailladin, John Utaka réalise une deuxième saison exceptionnelle.

Le nigérian retrouvera le plaisir d’être indispensable sur le terrain et surtout d’être efficace devant le but adverse en profitant de l’absence de Karim Aït-Fana pour s’installer durablement dans le onze titulaire de René Girard. Ailier gauche rapide puissant et technique, « Nice » devient très influent sur le terrain et forme avec Henri Bédimo, un incroyable duo. Comme un symbole et pour ponctuer une saison exceptionnelle sur le plan personnel, John Utaka offrira au MHSC le premier titre de Champion de France de son histoire en inscrivant un doublé salvateur face à l’AJ Auxerre.

Ça me fait plaisir parce que John fait une saison extraordinaire. Tout le monde parle de Giroud, de Belhanda, mais sur la saison 2011-2012, aucun arrière droit n’a réussi à arrêter Utaka. Aucun  !

Auteur de sept buts, tous capitaux, et d’un travail qui aura libéré tant d’espaces à Olivier Giroud. John aura aussi formé avec Henri Bédimo un tandem du flanc gauche qui aura donné des cauchemars à toute les défenses de Ligue 1 !

On ne le disait pas, mais au fond de nous, on savait que l’objectif c’était ça, le titre. C’était comme un destin écrit pour cette équipe qui n’avait aucun point faible.

La saison suivante, « Easy » disputera la Ligue des Champions avec le MHSC. En juin 2013, libre de tout contrat après deux saisons et demie sous le maillot du MHSC, il rejoindra la Turquie et le club de Sivaspor.  Après deux saisons plutôt correctes en Turquie, John Utaka rejoint le championnat égyptien dans l’un des clubs de ses débuts : Ismaily FC.

C’est là-bas que John s’était révélé aux débuts des années 2000, rappelle Manu Soro, l’un de ses conseils. Il avait terminé meilleur buteur du championnat et remporté le titre. Du coup, lorsque le président l’a rappelé, il n’a pas hésité. Au point d’envisager une fin de carrière avec l’une de ses équipes de cœur.

Accueil en grande pompe, interviews télévisées et signature très médiatisée, le retour du “grand“ John à Ismaily ne se passe pas comme prévu. Le club d’Ismaily omet volontairement de faire enregistrer le contrat à la ligue égyptienne avant de prétexter une méforme physique de son attaquant. En 2017 et à 35 ans, John Utaka fait son retour en France en signant en faveur de Sedan en National 2.

John Utaka annoncera la fin de sa carrière à l’issue de cette ultime saison, à 36 ans.

Que devient-il ?

En 2018, deux ans après la fin de sa carrière, « Nice » retrouve le MHSC en intégrant son centre de formation. L’ancien Super Eagles prend en charge la formation des attaquants des différentes catégories du club, en remplacement de Laurent Robert, à Grammont.

En 2021 et après le départ de Frédéric Mendy, John Utaka prend les commandes de l’équipe féminine du MHSC en binôme avec Baptiste Merle.

Aujourd’hui et depuis sa première expérience à la tête d’une équipe professionnelle, « Easy » entraîne les U19 du MHSC aux côtés de Michel Rodriguez. Il a également créé et financé une fondation pour les jeunes footballeurs nigérians, la John Utaka Football Academy. Son but est de permettre aux jeunes espoirs nigérians de se développer dans les meilleures conditions et de venir progresser en Europe à travers des tournées de matchs amicaux. L’ancien attaquant pailladin a également récemment obtenu son BEF.

Ce qu’on a fait, d’autres le feront peut-être un jour. Tout est toujours possible dans le football. Quand je vois le parcours que j’ai fait depuis la rue, en Afrique, je motive les jeunes dans ce sens. »

De la saison du titre de Montpellier en 2012, on ressort automatiquement les noms d’Olivier Giroud, Younès Belhanda, Geoffrey Jourdren ou encore Vitorino Hilton en oubliant, parfois, celui de John Utaka. Auteur d’une année fantastique et du doublé final lors du match du sacre à Auxerre, Le Super Eagles définitivement entré dans le cœur des supporters pailladins, fut l’un des joueurs préférés de notre cher Loulou Nicollin !

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